Comité sectoriel de main-d'œuvre des industries des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine
Opérateur de machines industrielles    




Avant de fignoler les composants de bois d’un meuble, Guy Dupéré procède à son habillage. «Je réalise une sorte de collage», confie le conducteur de presse du groupe Création Visu, un fabricant de meubles résidentiels, dont du mobilier de chambre à coucher, d’audiovidéo et de salle à manger, situé à Lachute. «Depuis 10 ans, j’essaie d’améliorer les techniques susceptibles d’accélérer le traitement.»

Ce que je fais
Le rôle de Guy consiste à couvrir d’essence de bois les planches de contreplaqué, qui sont taillées sur mesure au service de débitage en guise de préparation à l’opération de machinage. Guy dépose les matériaux sur son établi. Il remplit l’encolleuse et règle quelques cylindres de la presse. Une fois déposées dans la machine, les pièces sont habillées d’une couche d’érable, de merisier ou de cerisier, selon la nature du produit. «J’effectue alors quelques réglages pour qu’en s’abaissant, les mâchoires mécaniques soudent les minces pellicules aux morceaux.»

Le conducteur de presse ressort le contenu de la machinerie qu’il ramène à sa table de travail. «J’effectue ensuite le polissage des matières rugueuses à l’aide d’une lime. J’exécute ces tâches des deux côtés de la planche. Je fais un versant à la fois.» Quand le rituel est terminé, Guy fait une inspection du résultat. Sous l’effet de la chaleur de la machine, le bois devenu sec a pu se fendre un peu. «Si les anomalies sont mineures, je bouche les trous en utilisant encore l’essence de bois nécessaire.» Les matériaux sont ensuite rangés sur une palette de bois. Un manoeuvre vient chercher le chargement pour l’apporter au service du sablage.

Ce qu’il faut
Hormis l’apprentissage du métier en entreprise ou dans un centre de formation professionnelle, tout aspirant à cette profession a obligatoirement des mains habiles. Ce n’est pas seulement à des fins de manutention des matériaux, mais aussi pour mieux les modeler. «Il faut savoir repérer le bon sens du bois au toucher si on veut obtenir d’excellents résultats au moment de l’application des substances résineuses. C’est aussi utile pour dépister et réparer les imperfections à la fin du processus», explique Guy.

Le conducteur de presse se caractérise par sa minutie. Il doit suivre méthodiquement chaque étape de fabrication. Les activités menant au placage des composants du mobilier exigent une très grande précision. «Mal disposer le contreplaqué sur les rouleaux, répandre trop de résine sur le revêtement ou vider une quantité de colle insuffisante dans les cylindres risquerait de détruire tous mes efforts et ceux de mes
collègues.»

Parmi les qualités recherchées par le fabricant, la débrouillardise, l’initiative et la loyauté figurent en tête de liste. Guy parle d’un contrat moral liant l’employé et l’employeur. «Je dois livrer la marchandise dans le respect des normes de qualité, et ce, quels que soient les impondérables humains et mécaniques.» Le tout nécessite une solide condition physique. «On soulève et transporte des pièces de bois du début à la fin de la journée de travail. Il nous faut assez d’endurance.»

À quoi ressemble mon travail
Guy travaille dans le service du bois, un environnement plutôt bruyant . Un collègue de travail l’aide à déplacer les planches plus lourdes. «Même si je travaille seul, je fais partie d’une équipe. Si on me donne un «4 par 8» beaucoup trop étroit, j’en avertis le service en cause. Les autres ouvriers spécialisés agissent de la même façon à mon égard. On accroît dès lors l’efficacité et la qualité des modèles en se transmettant de l’information, des trucs.»

Il bénéficie d’un horaire assez stable. Guy se met à la tâche vers 7 h 30. Du lundi au vendredi, la journée de travail se termine aux alentours de 16 h. Dans beaucoup d’usines, d’autres conducteurs prennent le relais jusqu’à minuit.

À quoi je peux aspirer
Tout au long du séjour dans l’industrie du meuble, le conducteur de presse peut apprendre et exercer plusieurs autres métiers sur la chaîne de production. Par exemple, des fonctions telles que le débitage, le machinage et le montage peuvent lui être attribuées. Les postes de superviseur et de contremaître sont aussi à sa portée s’il possède du leadership et des qualités interpersonnelles.

Intérêts
• Aimer travailler en manipulant des instruments.
• Aimer comprendre les phénomènes et résoudre les situations problématiques.
• Aimer accomplir individuellement des tâches du début à la fin.

Aptitudes
• Faculté d’imagination et de visualisation en trois dimensions.
• Capacité de travailler avec précision et minutie.
• Capacité de travailler debout ou dans des positions inconfortables durant de longues périodes.
• Capacité de soulever un poids de vingt kilos ou plus.