Comité sectoriel de main-d'œuvre des industries des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine

Coloriste
   




Ses études universitaires en génie civil ne satisfaisaient pas Benoît Garneau. Il s’est ensuite tourné du côté du camionnage pendant quatre ans, mais cette nouvelle voie ne lui convenait toujours pas. Puis, l’École québécoise du meuble et du bois ouvré de Victoriaville lui a donné une passion. Après quelques cours en finition à l’Institut québécois d’ébénisterie de Québec, «c’est la révélation, un coup de foudre pour la vie», raconte le coloriste du groupe Cuisines Laurier, établi sur la rive sud de Québec.

Ce que je fais
Benoît élabore différents systèmes de finition permettant d’obtenir la couleur des armoires de cuisine commandées sur mesure par les clients. Chacun de ces systèmes comprend les différents produits qui génèrent la composition finale, comme la teinture, le scellant, la peinture et la laque. On utilise les bases de colorants universelles contenues dans les cylindres d’un carrousel. À l’aide d’une balance électronique, Benoît trouve le meilleur dosage à partir des nombreux échantillons. «Le modèle a beau être bien construit, si sa finition laisse à désirer, tout est fichu…»

Une fois que la palette des couleurs est mise au point, il faut en vérifier la composition. Avant de pouvoir la reproduire en quantité suffisante, Benoît teste divers facteurs tels les coloris, l’adhérence, la réaction des matériaux, la durabilité. «Afin d’avoir l’approbation du client, je procède au montage des panneaux-guides servant à illustrer l’ensemble des étapes du système de finition», souligne Benoît. S’il y a ensuite des problèmes sur la chaîne de production, il apporte les retouches nécessaires au labo.

Ce qu’il faut
Premier critère d’admission au métier: savoir différencier ses couleurs. «On doit être capable de distinguer les contrastes, les teintes, les tons, les nuances, les réactions aux mélanges», précise Benoît. La dextérité manuelle constitue un atout indispensable. De plus, tout aspirant au métier affiche obligatoirement une excellente santé. «L’organisme absorbe une certaine quantité de vapeurs de solvants, même si les systèmes de ventilation sont efficaces. Beaucoup de gens sont incapables de s’y faire.»

Ce travail requiert un sens critique aigu, un état d’esprit perfectionniste, méticuleux. «La composition des couleurs ne peut souffrir d’imperfections. Donc, il n’est pas question de dormir sur ses lauriers», mentionne Benoît. C’est pourquoi des qualités personnelles comme la persévérance et la patience sont incontournables. «Certains jeux de couleurs sont faciles à réaliser, mais d’autres demandent des jours.» Raison de plus de faire aussi preuve d’un bon sens de l’organisation. Après usage, les recettes sont identifiées, classées et conservées. «Nous gérons un système d’archivage assez sophistiqué et utile pour l’appariement des futures commandes de couleurs, précise le coloriste. On fait deux copies des formules. Si l’entreprise les perdait, elle ne pourrait continuer…»

À quoi ressemble mon travail
Ce spécialiste de la couleur s’active dans une espèce de laboratoire. Sur une grande table, il manipule des contenants, des spatules, des tasses à mesurer, etc. Benoît fait fonctionner l’appareil servant à la combinaison des produits de finition du bois (comme on en trouve en quincaillerie pour mélanger la peinture). Dans plusieurs usines, il aurait à travailler en équipe. «Ainsi, on compare, on critique nos résultats sur une base plus objective. J’interagis aussi beaucoup avec le contremaître de production.»

En règle générale, les coloristes travaillent durant le jour, environ une quarantaine d’heures par semaine. L’horaire de soir ou de nuit est plus rare puisque l’éclairage artificiel des néons n’est pas toujours approprié. «Il est possible d’utiliser un dispositif de lumières spéciales, mais les rayons du soleil sont nos meilleurs alliés pour sélectionner les couleurs idéales.»

À quoi je peux aspirer

La carrière d’un coloriste prépare à occuper différentes fonctions. Par exemple, avec un bon bagage d’expérience, certains peuvent devenir de précieux collaborateurs à la recherche et au développement de nouveaux produits dans l’industrie. Ils sont bien traités par les PME: fournisseurs et producteurs de peinture se les arrachent.

Intérêts
• Aimer travailler physiquement manipuler des instruments.
• Aimer travailler de façon méthodique et organisée.
• Aimer accomplir des taches répétitives, selon des normes établies.
• Aimer comprendre les phénomènes et résoudre les situations problématiques.
• Aimer accomplir des tâche de création artistiques.

Aptitudes
• Capacité de distinguer les couleurs.
• Démontrer un sens aigu de l’organisation.
• Avoir de la minutie dans l’exécution des tâches.
• Posséder une excellente santé.
• Avoir un sens aigu de l’observation.
• Démontrer un solide sens des responsabilités.
• Démontrer un esprit créatif.