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Malgré la baisse de l’emploi, demande de main-d’œuvre qualifiée et besoins de perfectionnement à la hausse

Il ressort qu’en cette période d’adaptation aux profonds changements qu’elles vivent actuellement, près de trois entreprises sur quatre manifestaient des besoins de perfectionnement. Quatre organisations sur dix prévoyaient embaucher malgré tout du personnel relié à certains métiers techniques et semi-spécialisés en 2006. On observe en même temps que, depuis quatre ans, un grand nombre de manufacturiers ont réduit leur effectif dans les trois champs d’activité couverts par le Comité sectoriel.

Besoins de main-d’œuvre
Malgré les fermetures d’usine et la rationnalisation de l’emploi, la situation n’est pas catastrophique. Selon une enquête menée par le Comité sectoriel entre décembre 2005 et avril 2006, en moyenne 39 % des entreprises interrogées prévoyaient accroître l’effectif en 2006. Les représentants des travailleurs consultés (15) durant cette période, sur une base qualitative dans le sondage, ont une perception un peu moins optimiste de la réalité sur le terrain. Vingt pour cent (20 %) d’entre eux croyaient en une hausse de l’effectif durant la période en cause.

Hausse de l’effectif

Source : Enquête du Comité sectoriel, 2005-2007

Il n’en demeure pas moins que la demande globale pour les métiers les plus recherchés dans les industries a chuté considérablement depuis trois à quatre ans, comme l’indique l’analyse comparative des graphiques ci-dessous.


Analyse comparative des métiers les plus recherchés
Source : Enquêtes du Comité sectoriel, 2003 à 2006

En 2006, il existait une demande au sujet d’une dizaine de métiers techniques et semi-spécialisés : cuisiniste, ouvrier d’atelier, assembleur de portes et fenêtres, assembleur de portes et fenêtres architecturales, rembourreur, installateur de meubles commerciaux, apprenti ébéniste, ébéniste, ébéniste industriel, apprenti opérateur de machines industrielles et installeurs d’armoires de cuisine.

Métiers en demande

Source : Enquête du Comité sectoriel, 2005-2006

Mais les responsables des ressources humaines contactés ont précisé que les postes les plus difficiles à pourvoir concernaient, révèle le sondage, les ébénistes, ébénistes industriels, apprentis ébénistes, installateurs d’armoires de cuisine, peintres-finisseurs, assembleurs-ajusteurs, apprentis opérateurs de machines industrielles et ouvriers d’atelier. Les causes les plus fréquemment évoquées étaient le manque de main-d’œuvre qualifiée, le manque d’expérience et l’absence ou l’insuffisance de compétences particulières.

Métiers difficiles à recruter

Source : Enquête du Comité sectoriel, 2005-2006

Mises à pied et licenciements
Entre 2004 et 2006, l’effectif évoluant dans les trois secteurs d’activité a fondu de quelque 5000 employés, selon une estimation. Cela correspond à environ 10 % de la main-d’œuvre (qui totalise aujourd’hui 50 000 personnes). On parle d’une perte de 3792 postes seulement en 2005, selon le sondage du Comité sectoriel mené auprès de 454 des 2365 manufacturiers actifs (en 2004) au Québec. De ce nombre, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec confirme qu’environ 900 travailleurs ont perdu leur gagne-pain de façon permanente entre avril 2005 et novembre 2006.

L’enquête prouve en effet que plus de 55 % des entreprises – davantage celles de grande taille – ont procédé à des licenciements en 2005. Notons qu’un grand nombre était de nature temporaire, selon les responsables des ressources humaines contactés. La prochaine enquête dira vraiment si c’est le cas.

Du côté du créneau des portes et fenêtres, à cause principalement de la saisonnalité de l’emploi, c’est plus de trois fabricants sur quatre (79 %) qui ont retranché du personnel. C’était 48 % dans le marché des armoires de cuisine. Par exemple, le groupe MAAX a fermé ses portes à Laval, mettant quelque 450 travailleurs au chômage. Dans le domaine du meuble (47 %), ce sont principalement les travailleurs des usines de fabrication de meubles résidentiels en série qui ont écopé. Citons les compressions chez Shermag à Sherbrooke et la cessation des activités de Dinec à Louiseville. Les entreprises sondées concentrées dans les régions suivantes sont les plus touchées par les compressions : Centre-du-Québec (65 %), Estrie (63 %), Lanaudière (61 %), Montréal (44 %) et Mauricie (55%).


Source : Enquête du Comité sectoriel, 2005-2006

La rationnalisation de 2005 a davantage frappé les travailleurs occupant des fonctions de travail semi-spécialisées : apprenti opérateur de machines industrielles, assembleur-ajusteur, ouvrier d’atelier, préposé au sablage et apprenti ébéniste. Le métier d’assembleur de portes et fenêtres (traditionnelles et architecturales) a le plus souffert des coupes, bien qu’il s’agisse trois fois sur quatre de mises à pied saisonnières.

En 2006, l’érosion de l’emploi semble s’être poursuivie, mais de façon nettement moins accentuée. L’enquête indique en effet qu’en moyenne 7 % des entreprises escomptaient réduire leur personnel de manière temporaire ou définitive cette année-là. Le marché des armoires de cuisine n’est presque pas affecté.



Source : Enquête du Comité sectoriel, 2005-2006

Besoins de perfectionnement
Les entreprises de l’industrie ont besoin de plus de formation et d’aide au développement des compétences des travailleurs. Près de trois manufacturiers sur quatre (72 %) expriment cette nécessité de perfectionnement en milieu de travail, selon l’enquête du Comité sectoriel.


Source : Enquête du Comité sectoriel, 2005-2006


Plus de neuf fabricants sur dix (93 %) font appel au personnel en place pour transmettre le savoir-faire aux travailleurs. Ils n’ont pas le choix : à peine 8 % de la nouvelle main-d’œuvre est issue du réseau scolaire de la formation professionnelle ou technique.

Il ressort également du sondage que les entreprises souhaitent obtenir de l’aide sous les formes suivantes :
  • Guides de formation en milieu de travail (50 %)
  • Réalisation d’activités de formation (47 %)
  • Logiciel de gestion des compétences (45 %)
  • Outils d’évaluation des besoins de formation (37 %)
  • Qualification des formateurs en entreprise (34 %)
Le Comité sectoriel vient justement de lancer le site www.solutionsrh.net, qui comprend des outils et des ressources pouvant répondre à ces exigences.

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