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Gaston Boudrault
Coprésident syndical

Investir en formation
Trop souvent, on s’aperçoit que l’on a des dirigeants d’entreprise qui n’ont pas eu la formation nécessaire pour comprendre l’intérêt d’investir en formation. On pallie aujourd’hui à ce qui ne s’est pas fait hier.
Aujourd’hui, parce que l’on procède par robotisation et parce qu’on utilise des techniques de fabrication plus complexes, les compétences de base nécessaires sont plus élevées pour accéder aux emplois.
Même si les travailleurs en place possèdent des compétences, plusieurs ont de la difficulté à progresser et certains même peuvent ne plus être qualifiés à cause des nouvelles exigences. Parfois, leurs habilités à lire, à écrire, ne correspondent plus à cette nouvelle réalité. Les travailleurs ne sont pas fermés à actualiser leurs connaissances, mais il demeure essentiel et primordial que l’employeur leurs en offre la possibilité
La reconnaissance des acquis
L’absence de reconnaissance des acquis pénalise les travailleurs plus expérimentés à pouvoir accéder à des postes demandant des compétences précises. Bien souvent le travailleur possède l’expérience pratique pour accéder au poste, mais cette expérience, n’étant pas reconnue officiellement, le poste lui échappe au profit d’un plus jeune qui a les compétences de base requises.
Je ne pense pas que les travailleurs âgés soient contre l’arrivée des plus jeunes, bien au contraire. Mais on a vu trop souvent des travailleurs plus âgés coacher des plus jeunes, leur montrer à faire le travail et perdre de l’avancement au profit de ces derniers.
La reconnaissance des acquis va permettre à des travailleurs expérimentés d’obtenir la certification de leurs compétences et ce, officiellement. L’autre nouveauté, c’est d’amener des travailleurs en entreprise à influencer le contenu de la formation. Je pense que ça, c’est extrêmement valorisant pour nos gens.
L’adaptatation aux changements
C’est un milieu qui a été déséquilibré par la progression trop rapide des technologies et par le développement de nouveaux marchés. Nous étions dans des marchés que je qualifierais de marché interne. Exporter, c’était envoyer des produits en Ontario et ailleurs au Canada. Aujourd’hui, exporter ça veut dire envoyer des produits vers les États-Unis et jusqu’en Europe. On voit que, juste de 1990 à 2000, on est passé de moins de 25% d’exportation dans nos industries et aujourd’hui il y a des entreprises qui exportent 80%, 85% de leur production.
Je pense que l’on n’a pas encore assez valorisé le fait que l’industrie a énormément changé. On est dans une industrie qui a beaucoup de technologies, de robotisation, où il a des emplois techniques intéressants. C’est une industrie qui est encore en évolution, et qui gagne quand les travailleurs ont la chance d’y travailler.
La question, pour les jeunes, c’est plus de savoir pourquoi venir dans notre secteur plutôt qu’un autre… Parce que, s’ils connaissent davantage le dynamisme du secteur, il a de meilleures chances qu’ils viennent chez-nous plutôt qu’aller ailleurs. Il y a, au sein de nos entreprises, de l’avenir et des défis pour les travailleurs qui sont intéressés à en relever.
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Local 299 de la Fraternité nationale des forestiers et travailleurs d’usines (FTQ)
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