Mot des coprésidents
En 2009, les industries des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine comptent quelque 1500 entreprises et 32 000 travailleurs.
Entre 1994 et 2004, nos trois secteurs d’activité connaissent une croissance impressionnante de l'emploi liée principalement à la forte hausse de leurs exportations. Les entreprises éprouvent alors des besoins de main-d'œuvre incapables à combler. Ce manque de ressources ralentit leur progression. Mais, à partir de 2005, la demande de personnel qualifié baisse graduellement. Elle touche moins de métiers qu’auparavant.
Cette évolution récente survient au moment où les exportateurs de portes et fenêtres, de meubles et d’armoires de cuisine font face à la concurrence asiatique féroce sur les marchés de l’Amérique du Nord et à la vigueur du dollar canadien. En 2008-2009, le ralentissement de l’économie américaine, canadienne et mondiale rend les fabricants encore plus vulnérables.
Traditionnellement, les entreprises de nos trois industries employaient une main-d'oeuvre peu scolarisée qui était formée sur le tas en usine. Depuis plus d’une quinzaine d’années, l'introduction de machines-outils à commandes numériques, la gestion informatisée de la production, la fabrication juste à temps, la conception assistée par ordinateur et la gestion de la qualité ont fait en sorte que l’enrichissement des compétences des travailleurs devient un facteur stratégique de rentabilité et de compétitivité.
Miser sur le capital humain contribue à rivaliser avec les concurrents étrangers et à tirer profit des nouvelles occasions d’affaires. La formation permet aux manufacturiers d’améliorer la productivité, l’innovation, l’utilisation des nouvelles technologies, la qualité des biens durables, la flexibilité dans les procédés de production, la mise en marché, la distribution, le design, la recherche et développement, la personnalisation des produits, le service à la clientèle et les délais de livraison.
Pour assurer la consolidation et l’essor de l’industrie, il faut continuer à compter sur une relève qualifiée issue notamment du réseau de l’éducation québécois. Mais en raison du vieillissement de la population, combiné au contexte de production différent d’une usine à l’autre et à la rareté des ressources disponibles en région, les entreprises ont surtout intérêt à développer et à reconnaître davantage les compétences des travailleurs actifs, si elles veulent favoriser l’excellence, la polyvalence, le sentiment d’appartenance, la pérennité de l’emploi, la concertation entre les employeurs et les travailleurs.
C’est en travaillant tout le monde ensemble qu’on pourra assurer la survie et le développement de nos trois industries au cours des prochaines années.